
Le courtier qui a fait perdre 4,9 milliards d’euros à la Société Générale s’appelle Jérôme Kerviel, un jeune homme de 31 ans dont la rémunération n’excédait pas 100.000 euros par an, a-t-on appris de sources concordantes.
Génie informatique pour les uns, être fragile pour les autres, il était employé à la Société Générale depuis 2000.
Né le 11 janvier 1977, il est diplômé de l’Université Lyon II, où il a décroché un master en finance de marché, selon le site internet de l’association des anciens élèves de cette formation.
La banque n’a pas révélé son identité.
Entré à la Société Générale en août 2000 au sein de la division banque d’investissement et de financement (SG CIB), il a d’abord travaillé dans le « middle office » où il acquis la connaissance « aussi intime que perverse » des procédures de contrôle de la banque, a confié Jean-Pierre Mustier, le patron de SG CIB, lors de la conférence de presse des dirigeants jeudi.
En 2005, il passe du côté du « front office », où il est chargé de « prendre des positions » sur des indices de contrats à terme.
M. Mustier, qui l’a interrogé longuement, est « convaincu » qu’il a agi seul: « compte tenu de la méthode utilisée, il semble impossible qu’il ait agi avec des complices », selon lui.
« Ses motivations sont incompréhensibles » pour les dirigeants de la banque, précisant qu’il ne s’est apparemment pas enrichi personnellement.
Il a opéré frauduleusement tout au long de l’année 2007, créant un système parallèle indétectable, comme l’explique Daniel Bouton, le PDG de la Société Générale: ce courtier « a construit depuis son poste de travail une entreprise dissimulée à l’intérieur de nos salles de marché » et il a réussi « à chaque fois à cacher ces positions par d’autres positions ».
Le PDG concède son « extraordinaire talent » de dissimulation qui lui permet de « changer ses positions, de les déplacer au fur à mesure des contrôles, car il connaît le calendrier des contrôles ».
La direction des ressources humaines a évoqué auprès des syndicats « un être fragile », « sans génie particulier », traversant des « difficultés familiales », ont-ils rapporté à l’AFP.
La fraude leur a été présentée par la direction comme un « acte de malveillance » et des syndicalistes ont parlé de « suicide professionnel ».
Une plainte a été déposée contre lui, selon la banque, qui dit ignorer totalement où il se trouve à l’heure actuelle.